Mali : l’armée française enlisée

Deux soldats tarbais de l’opération Barkhane sont morts samedi 5 septembre au nord du Mali et un autre a été blessé dans l’explosion de leur véhicule blindé. Il y a trois mois, au sommet de Nouakchott, Em­ma­nuel Macron avait affirmé que la victoire contre les djihadistes était désormais possible. Il est clair qu’il n’en est rien. Les militaires de l’ONU, la Minusma, en majorité venus d’autres pays africains , paient un tribut encore plus lourd. Plus de 200 d’entre eux sont morts au Mali, pour permettre au gouvernement français de mener sa propre guerre. Quant à l’armée malienne, elle n’est pas en reste. Dix militaires maliens ont ainsi péri le 3 septembre dans une embuscade, au centre du pays Lorsque l’armée française est intervenue au Mali en 2013, le gouvernement de François Hollande prétendait protéger la population malienne contre les djihadistes. C’était pure hypocrisie, car il s’agissait uniquement de garder la main sur son ancienne colonie. Aujourd’hui, les troupes françaises, concourent pleinement au climat d’insécurité généralisée qui s’est emparé de toute la région. Le 1er septembre, les soldats français ont ouvert le feu près de Gao sur un autobus se dirigeant selon leurs dires vers leur convoi militaire, ce que nie le chauffeur. Un civil malien a été tué et deux autres blessés. Les drones armés de l’armée française sont aussi une menace pour les villageois, qui ne les entendent pas arriver. Ils peuvent tout aussi bien frapper les djihadistes que les habitants auxquels ceux-ci se sont mêlés. Ces agressions directes s’ajoutent au fait que les soldats de Barkhane couvrent les exactions de l’armée malienne, suscitant un rejet croissant de la population. Quant aux jeunes soldats français qui meurent là-bas, ils n’y sont envoyés que pour défendre les intérêts de l’impérialisme français dans une sale guerre.

Faites ce que je dis, pas ce que je fais !

Début août, 50 gendarmes de la caserne de Tarbes de retour de Polynésie ont été testés positifs au Covid 19, sur les 72 présents à Papeete. Et sur 65 personnes considérées à risque de leur entourage, 8 ont été testées positives. Selon les journalistes, ils se seraient contaminés au cours d'une soirée «Fêtes de Bayonne». Les vidéos les montrent sans masque et entassés les uns contre les autres. C'est vraiment difficile de faire respecter la loi !

Depuis lundi 11 mai le gouvernement a décrété le déconfinement mais il est toujours incapable de fournir la population en masques, de dépister massivement, et plus incapable encore d’isoler les porteurs du virus. Le monde peut s’écrouler autour des capitalistes, requins ils sont, requins ils restent. Ils se moquent de sauver des vies. En pleine pandémie, la seule chose qui les inquiète, ce sont leurs profits, leurs parts de marché, leurs cours boursiers. Et même si rien n’est prêt pour le déconfinement, ils battent tous le rappel au travail. L’irresponsabilité et la faillite de la bourgeoisie et de son organisation sociale nous sautent aux yeux parce qu’il en va de notre santé et de notre vie. Mais, en temps normal, dans un pays riche comme la France, des millions de vies sont broyées par des accidents du travail, par le chômage et la pauvreté. Dans les pays pauvres, c’est par la malnutrition, des maladies que l’on sait parfaitement soigner et les guerres. Alors, il faut que cette nouvelle crise renforce la conscience d’avoir à renverser la classe capitaliste et son système.

Le bulletin Lutte Ouvrière est distribué par voie électronique pendant la période de confinement. Alors, n'hésitez pas à la transmettre autour de vous...